Le Patrimoine de la Ville

Voici quelques éléments du patrimoine de notre commune.

 

La Mairie

 

 

 

Selon la légende, cette ancienne demeure a abrité les amours de Louise de La Vallière et de Louis XIV. Louise y fait de courts séjours entre 1661 et 1670, avant de renoncer aux plaisirs de la vie et d'entrer définitivement chez les carmélites. La cour, qui séjourne fréquemment à Saint-Germain-en-Laye, passe parfois à Carrières-sur-Seine. Les dames aiment flâner dans le petit bain de verdure installé dans les jardins du château, dessinés par André Le Nôtre et réalisés par son neveu Desgoffes. Du château situé en hauteur, les jardins descendent en pente douce, paliers par paliers, vers la Seine. Le premier palier, juste en contrebas de la terrasse, est occupé par un bassin rond bordé de massifs qui poursuivent le cercle en l'amplifiant. Plus bas, s'étale un bassin rectangulaire de grande taille. Plus bas encore, entre deux haies de peupliers, se trouve un troisième bassin. Depuis 1950 environ, les jardins de la mairie sont inscrits à l'Inventaire des sites classés et, depuis 1996, sur la liste des ' Plus Beaux Jardins de France ', réalisée par le conservatoire des jardins et paysages de France.

 

Maison de la Comtesse de Bussy

 

 

 

C'est dans cette demeure que réside Antoinette Fargeon, épouse de Bussy, arrêtée à Chartres en 1794 et accusée d'intelligence avec l'ennemi. Elle est condamnée à mort par le tribunal de Fouquier-Tinville et décapitée le 18 floréal an II (7 mai 1794). Son fils, arrêté le 4 germinal an II (25 mars 1794), subit le même sort, en raison de ses sympathies avec les Vendéens. La demeure est réquisitionnée par le conseil général de Carrières, le 11 ventôse an II (2 mars 1794) et sert de lieu de lavage de la terre pour extraire le salpêtre nécessaire à la fabrication de la poudre.

 

Le Moulin

 

Ce moulin est construit en même temps que l'abbaye. Détruit par les Anglais en 1470, au moment de la guerre de Cent Ans, il est ensuite reconstruit. Du fait du rapport de la meunerie, un charpentier accepte de payer un loyer et de remettre ces ruines en état. Vers 1850, le moulin fonctionne encore. À la fin du XIXe siècle, la toiture, constituée de fonds de tonneaux joints au plâtre et à la chaux, est refaite. Une excavation à usage de cave est également réalisée. Dans les années 1950, une réfection du moulin lui rend son aspect primitif.

 

 

Le lavoir

 

 

 

Ce lavoir est composé d'un bassin en maçonnerie, muni de vannes de chaque côté et alimenté par une source. Ses rebords, en pierre dure, sont légèrement inclinés vers l'eau pour permettre aux lavandières de frotter et de battre le linge. Sa forme en atrium, entièrement close de murs, permet au bassin en impluvium de recueillir les eaux de pluie s'écoulant du toit. L'implantation de ce lavoir éloigné du bourg étonne. L'atelier de l'association des peintres de Carrières-sur-Seine occupe désormais l'endroit.

 

Le pressoir

 

 

 

Ce pressoir témoigne de l'importance de la culture de la vigne dans la vie économique de la commune. Dans un bâti quadrangulaire étayé de contreforts, une vis trouvant son écrou dans une traverse supérieure, fixe et serrée entre les deux montants verticaux, reçoit, lorsqu'on la tourne, toute sa puissance de pression dans sa partie basse. Le raisin est versé dans une claie circulaire, dont le diamètre reprend la largeur de la maie, véritable table de pierre avec un rebord qui comporte une rigole conduisant à une goulotte d'écoulement du jus du pressurage. La vis, placée au centre du bâti, assure le pressage de la vendange et affine sur un mouton accolé par l'intermédiaire d'un échafaudage de madriers croisés. Cet échafaudage subit la pression de la poutre du pressoir qui descend au fur et à mesure que l'on tourne la vis de bois par l'intermédiaire d'une roue placée horizontalement au-dessus du mouton, à la base de la vis, et autour de laquelle s'enroule une corde reliée à un cabestan tout proche. Ce cabestan est mis en mouvement par une autre roue - actionnée à la main par des tourillons -, mais peut aussi l'être par un étiquet, ou perche

L'Eglise St Jean Baptiste

 

 

 

 

 

 

Cette église aux dimensions modestes est d'une grande simplicité, avec son chevet plat, sa construction à deux vaisseaux, et son clocher massif de plan carré. Elle présente des murs d'un appareillage soigné en pierres de taille, et un bandeau qui souligne la partie basse des ouvertures. Un bas-relief sculpté datant du XIIe siècle atteste l'existence de l'édifice primitif. La date de 1618, portée sur l'un des piliers de la nef, correspond à l'agrandissement de l'église. Un bas côté voûté en berceau est alors adjoint à l'unique nef voûtée d'arêtes. Ces colonnes massives sont surmontées de chapiteaux coniques à l'échine ornée de motifs en forme d''uf et aux volutes à décor de palmettes. L'ordonnance de la façade et les baies en arc brisé surmontées de deux occuli laissent penser que des embellissements ont été apportés au début du XVIIe siècle. La chapelle du bas côté sud est sans doute une adjonction du XIXe siècle. Les verrières, dont l'une porte la signature de Charles Champigneulles, sont mises en place à la fin du XIXe et au début du XXe siècles.

 

Le retable

 

 

Ce triptyque représente la Vierge en majesté, encadrée par l'Annonciation et le Baptême du Christ. Découvert en 1845, il est alors scellé dans un mur, peut-être pour échapper pendant la Révolution. Il est vendu à un antiquaire parisien, par la suite réintégré de force, sous l'action de Viollet-le-Duc et Victor Hugo, puis vendu en 1909 au musée du Louvre où il est exposé. Des traces de polychromie en interdisent tout moulage, et c'est la reproduction de l''uvre du XIIe siècle, sculptée à main levée, qui figure aujourd'hui à l'intérieur de l'église.

 

Les champignonnières

 

 

 

Au début de la Grande Guerre, les exploitations de pierre à bâtis commencent à péricliter, et les carriers délaissent le pic et la lance pour devenir champignonnistes. S'il est difficile de situer l'époque de l'apparition de la culture des champignons de couche en France, il est certain qu'elle est fort lointaine et que la région parisienne en est le berceau, d'où le nom de ' Champignon de Paris '. À Carrières-sur-Seine, dès l'armistice de 1918, arrivent les premiers champignonnistes, pour l'essentiel des Italiens venus de la région de Bergame. Dans la culture du champignon, il y a trois étapes, la semence, le compostage et la récolte. Des laboratoires spécialisés produisent le mycélium à partir des spores d'un champignon sélectionné. Pour le compostage, le fumier de cheval et les pailles de blé sont réceptionnés puis additionnés d'eau et d'un complément azoté afin d'entrainer le départ des fermentations. Dans ce milieu ainsi préparé, le mycélium, appelé aussi ' blanc de champignon ', est enfin incorporé. C'est le lardage, ou ensemencement. Le compost est alors placé dans les anciennes carrières, mis en caisses ou en sacs, et grâce aux qualités naturelles de ces galeries (avec une chaleur constante de 14°, une humidité de 90° et une aération importante), les premiers champignons apparaissent environ trois semaines plus tard. Les champignons poussent par série, ou volées. Pour un sac de 35 kilos de compost, 6 à 10 kilos de champignons, au total des 6 volées, sont récoltés : trente tonnes de fumier donnent environ cinq tonnes de champignons, cueillis chaque matin par des ouvrières au front muni de lampes pour éclairer ces obscures galeries souterraines. Chacune d'elles arrive à cueillir 100 kilos de champignons par jour.

 

La grande dimeresse

 

 

 

La grande dimeresse, dont il ne subsiste que le portail magistral restauré à la fin des années 1990, était la propriété des moines de Saint-Denis. Ces derniers y recevaient et y stockaient la dime, impôt dû au clergé.

 

La Grange aux Dîmes

 

 

 

Élevée par le trésorier de l'abbaye de Saint-Denis dont dépend le fief de Carrières, cette bâtisse est à la fois un manoir seigneurial, une grange pour entreposer les dimes et un lieu de repos et de prière pour des séminaires d'études et de réflexion. Restée inachevée, car longtemps désertée, elle est à nouveau entretenue à la fin du XVe siècle : elle se pare alors de baies ogivales, de contreforts, d'arcatures et également d'une tourelle d'angle, aujourd'hui disparue.

 

Les carrières

 

 

 

Carrières-sur-Seine et les villes avoisinantes forment un ensemble géologique propice à l'exploitation de la pierre à bâtir. L'un des plus vieux gisements est sans aucun doute celui de Carrières-sur-Seine. Sous cette ville d'une superficie de 500 hectares, quelque 170 hectares forment le sous-sol. Et ainsi, à quelques mètres sous terre, se trouvent des monuments, inaccessibles à la lumière. Dès le XIIe siècle, des colonnes de l'Abbaye de Saint-Denis sont réalisées. Après la Révolution, Carrières fournit la pierre pour le château de Marly. De 1810 à 1870, et même jusque vers la fin du XIXe siècle, les pierres extraites sont employées lors de la reconstruction de la façade de l'église de Sartrouville, à Saint-Denis, à Argenteuil, et à Paris pour l'édification des fortifications ainsi que pour la réalisation des ouvrages du chemin de fer de Paris à Rouen. Le manège des fondiers, charrettes attelées de six chevaux, est intense entre cette banlieue et la capitale. Elles transportent une ou deux fois par jour environ 6 tonnes de pierres sur les chantiers parisiens des grands boulevards.

 

Dernière mise à jour de cette page le 31/05/2009